QUAND LA TERRE ARRÊTE DE TOURNER

Cette histoire est encore vivante dans ma tête et je ne sais vraiment pas comment elle refait surface dans mon esprit.  Je cherche une explication et j’en trouve pas, mais je suis content qu’elle s’invite comme ça dans  mon subconscient, qui a une garantie à vie de 100%  même si cela remonte bien loin, du temps que je travaillais pour la compagnie Fuller Brush pour payer mes études du collège. D’après mon subconscient cette histoire remonte à  ma deuxième année de vendeur Fuller Brush sur quatre. Je devais avoir certainement entre 17 ou 18 ans, lorsque pour la première fois , je suis devenu conscient des ravages que causent une séparation et le divorce.  J’étais vert, ou si vous  préférez, un néophyte pur et naïf jusqu’aux orteils qui croyait que le mariage était pour la vie.

Mon patron, Gilles Leblanc, avait fait des études classiques, il a grandi dans la région de l’Assomption, Montréal P.Q.  Très gentil, cultivé, bel homme, beau parleur, bien habillé, et  avec un sens de l’humour naturel.  Jamais cet homme m’a donné le mauvais exemple malgré ma grande naïveté. j’ai vite compris que les femmes étaient toutes en admiration pour mon patron et peut-être plus ! 

Malgré la pauvreté financière des régions, fin des années 19 50,  la Péninsule acadienne  et la région chaleur constituaient mon territoire comme vendeur des produits Fuller Brush.  Mon patron Gilles Leblanc est devenu le champion de la province du Nouveau-Brunswick dès ses premières années de service.

Ce vaste territoire lui permettait de choisir le village que je devais parcourir à pied en commençant par le début du village et le soir vers cinq  heures. Je le voyais arriver comme une bouée de secours, car pour moi, c’étais difficile, et parfois les journées étaient longues surtout la première année, car ma confiance à ce temps-là, était à son minium. 

Un autre grand défi qui s’ajoutait avec cet emploi d’été, on devait coucher à l’extérieur de mon patelin pendant une semaine complète. Par miracle, mon patron dénichait toujours une maison propre, confortable, une maitresse de maison belle, charmante, fine et accueillante.   Dans ma grande naïveté , je disais toujours à mon patron, tu es vraiment spécial pour trouver des madame si formidables. Je ne remarquais rien de spécial, même pas l’absence du mari.

C’est dans un de ces villages qu’une jeune femme me supplie de venir à son secours, car elle vit un affreux moment, son mari lui est infidèle et elle insiste pour que je trouve un moment pour qu’elle puisse me partager sa souffrance.  A cause que j’étais un étudiant du collège, on me demandait conseil et j’avais beaucoup de confidences  gênante pour moi, dans des  domaines que je ne connaissait pas. Mon mari fait ci, mon mari fait ça, mes enfants couchent  ensembles , etc.  La pauvreté me rendait mal à l’aise, ce qui me rendait encore plus inconfortable.  j’avais un autre problème, je refusais souvent de ne rien leur vendre, en leurs disant poliment que c’était mieux de garder leurs sous pour nourrir les enfants. 

J’étais un peu malheureux de manger et de coucher chez des étrangers, c’était le sacrifice que je devais faire pour payer mes études.  Je prends mon courage à deux mains et je demande à mon patron s’il voudrait bien me conduire chez cette madame qui veut absolument me parler.   » JE PLEURE MON CHAGRIN ME DIT-TELLE  »  Wow !  Pleurer un chagrin, comme un imbécile, je ne comprenais pas l’expression.  Cette soirée-là, j’ai fais mes premières classes au sujet du  » divorce »  bien malgré moi.

J’écoute cette jeune femme qui me raconte les aventures extraconjugales de son mari.  Elle me mit dans le secret le plus total, pour une confusion le plus totale pour moi. ( Le silence était à la mode pendant  ce temps-là, les catholiques devaient souffrir en silence pour mériter le ciel)  Je ne comprenais tout simplement pas, comment un catholique pouvait dérober aux règles de sa religion et vivre dans le péché.  Ma tête de jeune qui n’avait pas encore saisi toutes les nuances et les complexités  de la nature humaine. . Je me trouvais estomaqué, et sans utilité.  Je garderai le secret comme un secret de la confession. 

Je pleure mon chagrin, un mari qui la trompait, mais un mari qu’elle aimait par dessus tout. je me souviens.

Il faut se mettre à l’époque: Je n’étais pas préparé à avoir des confidences aussi fortes, surtout dans mes deux premières années de Fuller Brush.  Ah !  la quatrième année, j’en garde encore un bon souvenir, beaucoup moins de stress, plus de confiances et beaucoup plus payante. 

Mon subconscient se réveille, et je ris  comme un bon. Les histoires qui me viennes à l’esprit. Je vivais des histoires à tous les jours. J’aurais pu vivre des aventures de toutes sortes. De faire du salon, jusqu’à la chambre à coucher, ça c’était rien pour moi, je n’avais pas le temps et le péché……Ce qui me dérangeait, c’étaient  les confidences inimaginables qu’ont me confiait, que j’écoutais malgré moi et qui souvent m’empêchait de dormir. De la souffrance pure que je ne racontais jamais à mon patron, la peur de faire rire de moi et le respect de la confidentialité.  Exemple: Les jeunes femmes enceinte à cette époque étant forcées de donner leurs enfants à l’extérieur de la provinces à cause du déshonneur.  Ces confidences étaient vraiment trop pour moi seul.  Par contre, il y avait assez d’autres situations, que je me payais le Luxe de faire rire mes confrères du collège pour l’année. 

Marcher de maison en maison parfois éloignée me permettait de méditer et de préparer mon avenir. Comme l’herbe qui pousse en silence, tu frappes à une porte et que personne ne t’a vu venir, était très souvent imprévisible autant pour moi que pour ces gens-là. Parfois c’était comique, parfois c’était triste.  Ce travail d’itinérant à non seulement m’aider à payer mes études; j’ai appris à aimer les gens tel qu’ils sont, sans  préjudices, avec leurs vulnérabilités et leurs possibilités.  À chaque retour, à chaque porte que je frappais, j’étais heureux d’entendre dire après une année  épuisante:  Bonjour monsieur Dugas, on n’est tellement content de vous revoir. Et ça recommençait : Viens que je te présente ma belle grande fille, et tu restes dîner ce midi ; tu es tellement beau et encore des flatteries etc, c’était assez courant et c’était wow !  Difficile d’oublier ces moments précieux, où j’ai compris en marchant de maison en maison qu’il faut ralentir si on veut voir le bonheur venir. 

Marcher, c’est le beau de la vie, c’est la liberté de penser, de rêver, d’imaginer, d’écouter les chant des oiseaux, c’est croire que toute est possible, c’est portager l’espoir avec ceux ceux qu’on aime..

Isidore

 

 

 

 

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